L’arrivée du commerce électronique agite les opticiens
Du 23 au 26 septembre, s’est tenu le Mondial de l’optique à Villepinte, dans le département de la Seine Saint Denis. Rendez-vous majeur et fondamental de la branche de l’optique-lunetterie, le salon a donné l’opportunité à de nombreux professionnels de se rencontrer et d’évoquer toutes sortes de sujets. Un sujet semblait pourtant revenir avec beaucoup d’insistance dans les discutions des professionnels de la lunette : faut-il s’inquiéter de l’arrivée des cyber-opticiens sur le marché de la lunetterie ? Car si durant de nombreuses années, les opticiens se pensaient à l’abri du commerce électronique, arguant que la loi française interdisait le colportage, ils doivent aujourd’hui faire face à un réel danger.
La vente de lunettes sur Internet n’est autorisée que depuis le printemps 2009. La décision à été prise par le ministère de la santé après une intervention de la Commission européenne. Depuis, le marché de la lunette est en émoi. Près d’une dizaine de sites ont déjà vu le jour sur Internet et cela n’est pas prêt de s’arrêter. La creation de site internet menace ainsi de rogner peu à peu le chiffre d’affaires des magasins d’optique. Pire encore, elle pourrait mettre en danger les secteurs de la lunetterie et de l’optique qui sont par dessus tout des sujets de santé publique.
Une révolution qui risque de bouleverser quelques habitudes
Avec 5,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le marché de l’optique-lunetterie est un modèle de rentabilité. L’arrivée des sites internet sur le marché de l’optique-lunetterie a donc de quoi inquiéter bon nombre d’opticiens. D’après certains professionnels, les opticiens percevraient plus de 60% de marge, soit autant que dans l’industrie du luxe. Acheter des lunettes se révèle donc très couteux. Et ce ne sont pas les maigres sommes reversées par la Sécurité Sociale qui vont arranger les choses. Et même si les mutuelles de santé peuvent apporter un petit complément non négligeable, c’est toujours le consommateur qui paie, même s’il le fait indirectement, via sa cotisation.
L’émergence des acteurs du Web sur le marché de l’optique est d’autant plus fâcheuse qu’elle oblige certains professionnels à plus de transparence. En effet, certains opticiens ont tendance à appliquer des tarifs par rapport aux mutuelles de leurs clients. Plus celle-ci rembourse bien, plus la facture sera salée. Une seconde paire non préscrite peut par exemple être proposée au client afin d’optimiser le remboursement par la mutuelle. A l’inverse, les tarifs apparaissant sur les sites sont fixes et ne peuvent être adaptés. Chez les assureurs qui tentent de discipliner les opticiens, la creation de site internet est donc très bien perçue.
Tout reste encore à faire sur Internet…
Une paire de lunettes ne se vend pas de la même façon qu’un ordinateur. En effet, lors de la vente d’une paire de lunettes de vue, un opticien diplômé se doit d’être présent. Il s’agit de l’unique personne habilité à contrôler votre vue. Sur Internet, rien ne permet de savoir si un opticien est réellement derrière son écran pour contrôler les ventes. Aujourd’hui les professionnels attendent des précisions de la part du gouvernement ainsi qu’un meilleur encadrement du marché de la lunetterie sur le Web. Une fois ces précisions apportées, de grands noms de la lunetterie devraient se lancer dans la création de site internet.



