L’accessibilité mutualiste : mythe ou réalité ?
La question de l’accessibilité des organismes mutualistes sous l’angle de la protection sociale complémentaire soulève de nombreux débats auxquels il est de bon aloi d’essayer de répondre présentement. Tout d’abord, l’accessibilité des réseaux mutualistes pose la question de l’implantation géographique de ces derniers. En effet depuis leur véritable avènement à l’aube des années 2000, ils se sont essentiellement concentrés sur une démarche en ligne permettant de conquérir de nombreux assurés sociaux sans pour autant engager de fortes dépenses. A l’inverse de l’Assurance Maladie, chaque mutuelle n’est pas présente sur l’ensemble du territoire Français mais se concentre au contraire sur quelques villes principales.
Toutefois, cette accessibilité essentiellement pour ne pas dire exclusivement virtuelle ne semble pas poser de réelles difficultés aux assurés sociaux qui s’en sont même accommodés avec satisfaction si bien que l’Assurance Maladie essaie désormais de rattraper son retard s’agissant de la mise à disposition de services en ligne. En outre, l’éclatement concurrentiel du marché de la protection sociale à vocation complémentaire ne permet pas réellement à ses protagonistes de s’installer localement mais cette situation pourrait évoluer au terme de l’achèvement du phénomène de concentration entamé en 2011 par le biais de la constitution du Groupe Istya.
En outre, l’accessibilité mutualiste appelle également une forme d’interrogation au sujet des tarifs pratiqués par lesdits organismes mutualistes délivrant une couverture sociale complémentaire. En dépit de la volonté de les maintenir à un niveau modéré, les mutuelles sont régulièrement contraintes de les augmenter en raison du recul constant des remboursements alloués par l’Assurance Maladie. Il en résulte une hausse proportionnelle des dépenses de santé mises à la charges des organismes mutualistes et c’est la raison pour laquelle ces derniers sont malheureusement dans l’obligation d’engager une procédure tarifaire haussière. En revanche, il convient de se réjouir de l’application finalement progressive et non immédiate de la réforme fiscale récemment votée par le Parlement et qui a depuis fait l’objet de nombreuses critiques notamment de la part de la Mutualité Française.



