SONGE D’UN JOUR
Le Nouvel ObservateurLe mariage oriental, qui vient de tenir son Salon à la Villette, est une féerie. On s’embarque pour la vie de délices qu’on passera dans un monde imaginaire, dans un palais des Mille et Une Nuits. On y va en chameau, en Rolls ou en calèche. On se marie aussi pour la galerie. Ce n’est pas de l’ostentation. On veut en faire profiter les autres. Les robes de mariée et les robes de cocktail étincellent de paillettes en cristal de Swarovski (250 euros pour trois jours de location chez Mayssa-créations). Le mariage oriental doit être grandiose et se raconter aux générations futures. Il lui faut un public. Zoubida Chergui, la créatrice du Salon, a fait venir une troupe d’Arabie Saoudite qui interprète les chants et les danses qui accompagnaient les mariages du désert sous les grandes tentes d’apparat. Aidée, entourée, cajolée par ses copines, la mariée se fait orner, teindre, tatouer et peindre. C’est une enfant qui a l’air de jouer à la mariée et qui rentrera le soir chez sa maman. Comme Djemila chez Reshana-Henné, une boutique qui s’engage à vous transformer en princesse de la tête aux pieds pour 60 euros environ. « ne vous inquiétez pas, dit Djemila, les tatouages partent à l’eau et au savon. » ce n’est pas pour de vrai. Le marié, lui, est presque invisible. Il gâcherait tout en se montrant. Les festivités sont à dominante sucrée. Tout est douceur et féminité, kataiefs au miel, cornes de gazelle décorées, macarons à la cardamome, beignets à la cannelle (entre 30et 50 euros par personne chez le traiteur Faim de Nuit). Une vie irréelle qu’on se dépêche de vivre en une seule journée de fête. (les mariés disposent en moyenne d’un budget de 150000 euros.) Demain, les tatouages s’effaceront et il faudra rendre Rolls, robes et calèches.
François Caviglioli



